MonsieurNeku.fr
It's been a loooooong time
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16/02/10
Vous n’êtes pas sans savoir que je suis prêt à prendre tous les risques, même les plus audacieux, pour les lecteurs assidus de ce blog. Ce soir, frôlant la folie et l’inconscience et en faisant fi de tout respect de la vie et des bonnes moeurs, j’ai testé pour vous le buzz/hype du moment : ChatRoulette.
Petite définition rapide au préalable : ChatRoulette est un service gratuit qui vous met en relation en webcam, automatiquement mais surtout aléatoirement, avec une personne connectée au service. Vous avez la possibilité d’activer le son et discuter avec également, mais c’est principalement le fait que vous allez tomber sur un parfait inconnu qui fait tout le piquant de l’expérience.
30 minutes de ChatRoulette sont une expérience qui vous transforme un homme. Je m’étais préparé à l’avance : mon énorme casque sur les oreilles avec la bande son de Bayonetta à fond, une bouteille d’eau comme tout sportif qui se respecte avant l’effort, un t-shirt atrocement fashion et un sourire imparable. Et c’est devant mon iSight et mon regard aussi alerte qu’amusé que les visages ont défilés à toute vitesse (car il est possible de « Next » si la personne ne vous convient pas). Des jeunes, des vieux, des femmes, des hommes et des « on ne sait pas trop« .
L’expérience est amusante et dérangeante : tout en conservant le côte « voyeur » de n’importe quel site de rencontre ou de chat, on est cette fois-ci mis face sans détour au jugement de l’autre. Se prendre un Next, si on est à fond dans le délire, ça peut faire mal. Mais pas assez puisque de toute manière, on passe directement au suivant…
Le bilan de l’expérience ? Un groupe de jeunes chiliennes marrantes qui ont su déconner pendant quelques minutes (un exploit vu qu’on passe vite à autre chose), des dizaines de doigts d’honneur produits par des jeunes américains frustrés (« I want boobs dude, next !« ), un panel de parties humaines dévoilées sans pudeur (j’ai failli rendre mon diner) et j’ai surtout découvert que je plaisais beaucoup trop aux filles. Si l’idée est marrante quelques minutes, elle n’est pas assez encadrée pour en faire un véritable outil social ou même de rencontres à travers le monde. Plus grave encore, n’importe qui peut se lancer dessus et tomber en un clic sur de la mauvaise pornographie amateur (à moins que ce soit un documentaire sur les éléphants nains, le doute persiste encore). Dire que je déteste Facebook…
15/02/10
Cet après-midi, passage à la gare avec un bon de transport « gracieusement » fourni par Pôle-Emploi en vue d’un déplacement éclair vendredi sur Paris. Enfin « éclair »… Les créneaux mis à disposition par la SNCF pour ce genre de billets sont si peu nombreux que je débarque à 11h et repars à 22h. Un joli paquet de temps libre à combler.
Toujours est-il qu’à peine arrivé à la gare, je dois faire face à un sens logique (et logistique même) d’une rare efficacité de la part de la SNCF : 5 guichets d’ouverts dont 2 en cours de fermeture et une bonne petite quinzaines de personnes dans la file d’attente. File d’attente qui grossit à vue d’oeil à propos alors que le passage au guichet s’enlise outrageusement, aidé par une cliente qui s’amuse à vociférer que son billet commandé sur Internet n’est jamais arrivé chez elle (alors que le responsable lui signalera 20 minutes plus tard qu’elle l’agite dans sa main) et un groupe d’ados ricanant qui viennent acheter des billets pour une destination qu’ils ne connaissent pas.
Connu pour ma patience légendaire, je reste un modèle de zenitude et patiente sagement le moment salvateur en observant les gens autour de moi. Et je suis bien obligé de constater que le français est définitivement le plus grossier quand il s’agit de s’inclure dans un « flux » de visiteurs. Prenons l’exemple anglais (j’aime beaucoup les anglais pour ça) : le client restera en général là où on lui dit d’aller, patientera sagement en cherchant à déranger le moins possible. Le français, au contraire, semble profondément motivé à perturber l’équilibre ambiant. S’il pouvait déplacer les gens et le mobilier, il est fort possible qu’il le fasse.
En 20 minutes d’attente, j’ai vu une personne s’excuser tout le long de la file pour s’installer sereinement devant tout le monde, deux clients tenter de passer à des guichets « Départ immédiat » pour des voyages en Mars devant une mère de famille éplorée qui tentait de prendre un billet en urgence pour rejoindre ses enfants, son train partant dans les 5 minutes. Sans oublier la vieille femme aigrie qui insulte tout le monde car à son âge, pensez vous, le monde entier devrait lui céder le passage.
Moi qui met un point d’honneur à être souriant et compréhensif quand j’arrive dans un magasin (je me met à la place du pauvre vendeur/commercial qui supporte ce genre de clients toute la journée), je commence lentement mais sûrement à comprendre qu’au fond, les français ont un gros problème d’éducation.